Hommage au militant Rossy Mukendi Tshimanga tué par la police lors d'une manifestation pacifique à Kinshasa

SLK News
Média

Le 25 février 2018, l’activiste Rossy Mukendi Tshimanga âgé de 35 ans, fondateur de “Collectif 2016 ”, référent du Comité Laïc de Coordination (CLC) est lâchement abattu par la police congolaise à la paroisse Saint-Benoit dans la commune de Lemba. Le militant catholique pro-démocratie a été tué lors d’une marche pacifique à Kinshasa.

Ce jour-là, Rossy ainsi que d’autres fidèles catholiques protestent contre le maintien de Joseph Kabila au pouvoir au-delà de son mandat constitutionnel.
Selon des témoins, Rossy a reçu une balle en tentant de faire entrer les manifestants dans la paroisse pour les protéger des gaz lacrymogène lancés par les forces de l’ordre.
En plus des tirs, la police continuait de bloquer l’enceinte ce qui fit perdre du temps aux amis de Rossy qui essayait de l’emmener à l’hôpital. (Source twitter Ben Babunga).
Vendredi 21 février 2024, la Commissaire Supérieur Adjointe Carine Lokeso et Tokiss Kumbo ont été condamnés devant la Haute Cour militaire à 15 ans de servitude pénale pour meurtre par participaton criminelle . (Source actualité CD). Carine Lokeso écope également de “10 ans de sûreté incompressible pour meurtre de Rossy Mukendi.”
Faute de consignation, la famille du militant n’a pas été reçue par la Haute cour, ce qui les prive de leur droit de réparation.
Une jeunesse sacrifiée
Il y a 7 ans, la vie d’un jeune homme, d’un époux, d’un fils, d’un frère, d’un père de deux enfants et d’un ami ayant encore tout l’avenir devant lui a été arrachée. Licencié en relations internationales à l’Université UPN où il était également assistant, Rossy Mukendi militait pour les droits du peuple congolais.
Les défenseurs des droits humains sont souvent la cible des autorités congolaises. Les militants ainsi que les témoins des bavures policières font face à des menaces et des intimidations. Certains doivent même s’exiler à l’étranger par crainte d’être détenu sans motif.
L’assassinat de Rossy Mukendi ainsi que celui des autres militants congolais devraient être un signal pour enfin stopper l’usage des armes lors des manifestations pacifiques sur des militants non armés.

Les jeunes militants tués par la police
En janvier 2022, Mumbere Ushinidi Dorake, 22 ans a été assassiné par la police à Beni. Selon la Lucha, il s’agissait du 3ème militant assassiné.
La défense d’un Etat de droit ne devrait pas donner le droit de tuer à un Etat qui s’en prend à la jeunesse de son pays. Mais cette répression est loin de freiner l’élan patriotique qui habite cette jeunesse libre et convaincue que les congolais méritent eux aussi de vivre mieux. Ce désir de changement, les militants l’incarnent jusqu’au sacrifice de leur vie.
Luc Nkulula, militant pro-démocratie et activiste au sein du mouvement de la lutte pour le changement (Lucha) est mort à Goma entre le 9 et le 10 juin 2018 où sa maison a été incendiée.
Face à ces récits, cette date nous rappelle que certains jeunes congolais décicés à se lever pour défendre un véritable Etat de droit et une véritable justice sociale en RDC risquent leur vie.
La liste des morts révèle que cette lutte coûte des vies, afflige des familles et des campagnons de lutte.
Nous espérons qu’un jour ces jeunes aux destins brisés seront reconnus pour leur engagement citoyen. Leurs convictions, leur détermination et leur patriotisme imposent le respect face à une classe politique très souvent corrompue bien loin de prioriser les intérêts du peuple.

Dans un pays en proie à la guerre, aux viols, et aux conflits, la position des activistes fait réfléchir. Ceux du continent peuvent mourir à tout moment sous les balles des policiers. Les conditions de la mort de Luc font d’ailleurs froid dans le dos. Pour les militants, hors du pays, même si l’insécurité n’est pas la même, la lutte reste identique dans son essence et ses objectifs. Mais soyons conscients que la jeunesse sur place est exposée au pire ainsi que leurs familles. D’où l’intérêt d’une synergie pour plus d’impact.
En effet, cette responsabilité de lutter pour le changement en RDC n’est pas sans conséquence. Mais la volonté de voir les paroles de Lumumba s’accomplir 75 ans plus tard anime l’âme et l’esprit de ces activistes. Le Congo doit être libéré de ses agresseurs internes et externes.
Pour aller plus loin, un documentaire à voir "Congo Lucha" de Marlène Rabaud avec Luc Nkulula, Rebecca Kabugho et Espoir Ngalukiye retrace d’ailleurs la résistance du mouvement.
