Tunisie : la militante tunisienne antiraciste Saadia Mosbah condamnée à huit ans de prison

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Accusée de malversations financières par les autorités tunisiennes, Saadia Mosbah présidente de l’association M’nemty, qui signifie « mon rêve » est emprisonnée depuis deux ans et a également été condamnée à une amende d’environ 30 000 euros.
Âgée de 66 ans, Saadia Mosbah a toujours défendu les droits des migrants face aux propos racistes du président tunisien Kaïs Saïed qui affirmait en février 2023 que la présence « d’hordes » d’immigrés avait pour but de « changer la composition démographique » de la Tunisie.
Si en Libye, les populations arrivant d’Afrique subsaharienne sont vendues comme esclaves, en Tunisie, ils sont très souvent persécutés. Des témoignages d’africains par Amnesty International affirment que, dans certains cas, la police a laissé ces derniers être attaqués par des foules.
« Amnesty International a interrogé 20 personnes à Tunis, dont cinq demandeurs et demandeuses d’asile et 15 migrant·e·s sans papiers originaires du Cameroun, de Sierra Leone, du Ghana, du Nigeria, de Guinée et de Côte d’Ivoire. Ils ont tous été attaqués par des foules et dans trois cas au moins, la police était présente mais n’est pas intervenue pour stopper l’agression ni arrêter les auteurs. » (Source Amnesty International).
Cette discrimination administrée aux migrants, Saadia Mosbah l’a toujours combattue. Pour des acteurs de la société civile, notamment Romdhane Ben Amor de l’ONG FTDES, cette décision de la justice tunisienne vise à lutter contre toute forme de soutien et d’assistance aux migrants.
Un signal pour déstabiliser les associations qui mènent ce combat.
Sources :
Amnesty
Le Monde
AFP
Crédit photo : Saadia Mosbah, Tunis, le 7 mars 2023. FETHI BELAID/AFP