Au Parlement européen, un appel à la justice et à la responsabilité pour la RDC

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« Sans justice, il n’y a pas de dignité » écrivait Patrice Lumumba dans sa lettre adressée à sa femme Pauline avant d’être assassiné. Ces mots ont été rappelés par la députée européenne LFI, Rima Hassan dans son discours d’ouverture au Parlement européen qui s’est tenu mardi 21 avril pour la conférence : « une histoire de gloire et de dignité : responsabilité et justice en République démocratique du congo (RDC).
Une initiative menée en partenariat avec plusieurs organismes et militants de la société civile : l’artiste, poète et écrivain Sammy Manga, le militant David Kitoko Maenda président-fondateur de Génération lumière, Jean-Claude Mputu porte-parole de Ressource matters, Emmanuel Umpula, directeur exécutif de l’Afrewatch, Geneviève Kaninda de Mémoire coloniale, Tamara Abduraman, conseillère juridique de Human Rights Watch, Sylvestre Mido, porte-parole de la plateforme Congelese Action Youth Platform CAYP et l’écrivain Gentil Kasongo, expert des questions de justice transitionnelle.
Un temps d’échange et de réflexion qui a permis de visibiliser l’histoire d’un « pays solution », d’analyser les enjeux de la guerre en RDC avec notamment la présence de groupes armés et de la rébellion du M23 soutenue par le Rwanda, de rappeler l’exploitation des richesses datant du XIXe siècle et d’insister sur l’importance de mettre en place des mécanismes de justice et de réparation pour les populations victimes de ces innombrables crimes.
Un dialogue inclusif apparaît également indispensable afin d’impliquer pleinement la société congolaise dans les décisions concernant l’avenir du pays. Comme l’a souligné un intervenant, la justice doit être intégrée au cœur des accords de paix.
Un point essentiel a aussi été évoqué sur la naissance du terme « Genocost » dans la diaspora par la plateforme CAYP. Une lutte portée par des activistes congolais à Londres en 2013 qui ont créé ce concept qui vient de la contraction du mot génocide pour geno et « cost » en anglais pour coût, ce qui signifie « génocide pour des gains économiques. » Le fait de nommer cette tragédie permet aussi de mettre en place des stratégies pour établir la reconnaissance de ces crimes contre l’humanité.

L’estimation des morts de cette guerre est estimée à plus de 6 millions mais le comptage s’est arrêté depuis longtemps et certains historiens affirment qu’il s’agirait de plus de 10 millions de morts. S’ajoutant à cette liste d’horreur, l’utilisation du v*ol comme arme de guerre et des victimes qui se comptent en millions. Les femmes et les enfants en sont les premières victimes.
Enfin, la conférence a aussi rappelé l’importance du devoir de mémoire ainsi que notre responsabilité individuelle et collective. Les actions à mener au sein de la diaspora sont nombreuses : mobilisation citoyenne, « soutien aux organisations de terrain, la décolonisation de nos mentalités et nos modes de gouvernance » comme l’a expliqué Geneviève Kaninda de mémoire coloniale.
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