RDC : vers un Tribunal pénal international pour briser trente ans d’impunité ?

SLK News
Média

La volonté de recourir à un tribunal pénal international (TPI) refait surface avec l’annonce de la plateforme « Le Congo d’abord ». L’ancien député Toussaint Alonga, coordonnateur national souhaite mettre fin aux cycles d’impunité qui durent depuis trente ans dans l’est de la République démocratique du Congo.
A l’approche d’un dialogue inclusif en RDC pour maintenir les efforts de paix, la question de la justice revient au coeur de plusieurs échanges. Le coordonnateur Toussaint Alonga appelle donc à l’installation d’un tribunal pénal international (TPI) pour juger les criminels congolais et étrangers. Une déclaration dans un contexte d’intensification des crimes et violences sexuelles depuis la résurgence du M23 avec le soutien du Rwanda.Plusieurs rapports dont le rapport mapping datant de 2010 des Nations unies, les enquêtes d’Amnesty International, d’Human Rights Watch répertorient les crimes de guerre dans l’est de la RDC.
Pour cette nouvelle plateforme, la nécessité est de rétablir le rôle de l’Etat qui croule sous la trahison de ses « fils et filles. », d’éveiller les consciences et la culture du meilleure gouvernance contre la prédation. L’ancien député Toussaint Alonga a par ailleurs insisté sur l’incohérence de la politique congolaise qui gratifie des pilleurs et des criminels. En ce qui concerne la mise en place concrète de ce TPI en RDC, la stratégie n’a pas encore été dévoilée.
Le 2 août 2024, lors de la commémoration du Genocost « génocide pour des gains économiques », la première ministre Judith Suminwa a lancé un appel à la communauté internationale pour bénéficier de son soutien dans l’instauration d’un tribunal pénal international pour la RDC. Où en est donc la communauté internationale sur cette demande ?
Les survivantes des guerres en RDC gardent espoir que la justice verra enfin le jour en RDC. "En tant que survivantes, nous avons des appréhensions vis-à-vis du gouvernement, surtout si ce dernier ne met pas en place des mécanismes administratifs de réparation car plusieurs d’entre nous n’ont plus de preuve après avoir subi, il y a si longtemps, des violences sexuelles. La mise en place d’un tribunal spécial sera la preuve que l’Etat congolais ne tolère plus ce qui s’est passé", confie Tatiana Mukanire, dans un article publié en 2021 dans le média DW :
Pour le prix Nobel de la Paix 2018, Denis Mukwege, l’établissement d’un Tribunal pénal international pour la RDC et la mise en place de chambres spécialisées mixtes est indispensable pour que les victimes puissent bénéficier de la justice.
La société civile notamment la plateforme CAYP/Genocost réclame depuis plus de dix ans un Tribunal pénal international pour la RDC.