De Mwenga (RDC) au Burundi : le sort des réfugiés congolais face au conflit avec le M23

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Plus d’un million de déplacés internes dans les territoires de Fizi, d’Uvira et de Mwenga. La société civile alerte les gouvernements de la République démocratique du Congo et du Burundi ainsi que les organismes humanitaires sur les conditions des déplacés en majorité sans ressources. Les plus vulnérables sont les enfants, les femmes enceintes et les personnes âgées.

"Nous demandons l'ouverture du couloir humanitaire pour sauver les vies de ces ménages vulnérables et victimes des violences sexuelles en cas de recherches de survie. La paix reste l'essentiel", plaide M. Walubanda, coordonnateur du cadre de concertation de la société civile Bassin de Zalya, dans la chefferie de Wamuzimu. (Source Actualité cd)
L’administrateur du territoire de Fizi, Samy Kalonji Badibanga a également interpellé les autorités : « Nous relançons de nouveau les appels au gouvernement central, au gouvernement provincial et à la communauté des humanitaires de comprendre que nos mamans qui sont enceintes, certaines donnent naissance dans des écoles et dans des églises. Nous avons des enfants qui ne poursuivent plus la scolarité. Les jeunes filles, les vieux et les femmes meurent à cause du choléra parce qu’il n’y a pas d’intrants. Nous avons la rougeole aussi qui décime les enfants ».
Au Burundi, plus de 65 000 réfugiés congolais ont fui les affrontements entre l'armée congolaise et le M23 soutenu par le Rwanda. Dans un reportage diffusé il y a 11 jours par Hariana Veras, journaliste et Correspondante permanente pour l'Afrique à la Maison Blanche, au Sénat américain, au Pentagone et au Département d'État, on constate la détresse de nombreux congolais démunis et dans l’impossibilité de retourner en RDC à cause de la résurgence du M23 avec le soutien du Rwanda. En Tanzanie, les conditions des réfugiés congolais demeurent très critiques. En décembre 2025, l’ONG Caritas alertait la communauté internationale sur cette crise humanitaire en remarquant un "déficit criant d’infrastructures d’accueil adaptées et suffisantes, en termes d’eau, d’abri et de nourriture. »
L’ONG Human Rights Watch appelle les « organismes régionaux et internationaux à inciter les gouvernements d’Afrique centrale à protéger les civils et à défendre l’espace démocratique. (…) Le conflit qui oppose le groupe armé M23, soutenu par le Rwanda, aux forces armées congolaises a conduit à de nouvelles atrocités dans l’est de la RD Congo. Le M23 a commis de nombreux crimes de guerre, y compris des meurtres et des violences sexuelles. L’armée congolaise et ses alliés Wazalendo, ainsi que d’autres groupes armés, ont également commis des crimes de guerre. »
Le collectif des Mouvements des Jeunes de l’Est du Congo a rédigé un rapport sur le contexte humanitaire des réfugiés congolais au Burundi de décembre 2025 à janvier 2026. Le rapport s’adresse aux gouvernements de la RDC et du Burundi ainsi qu’aux organisations de l’Union africaine, à la CEEAC, au HCR et d’autres organismes humanitaires.
Le document détaille le non respect des normes humanitaires dans les camps de réfugiés : « 1,6 litre d’eau par personne et par jour, contre 15 litres recommandés ; plus de 90 personnes par latrine ; une seule structure médicale assurant jusqu’à 2 000 consultations quotidiennes. Le rapport fait état de plus de 90 décès en deux mois à Busuma, majoritairement des enfants de moins de cinq ans, et documente l’apparition d’épidémies de choléra et de rougeole. » (Source Habari RDC)
Face à cette tragédie humanitaire, une solution d’urgence s’impose pour secourir les civils déshumanisés et laissés à l’abandon.