RDC : des survivantes de viols témoignent des atrocités vécues à Uvira

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Human Rights Watch a publié mercredi 13 mai 2026 un dernier rapport « Nous sommes des civils ! » Il répertorie des viols commis par les rebelles du M23 et sa branche politique Alliance Fleuve Congo dit AFC ainsi que par les forces rwandaises durant l’occupation de la ville d’Uvira, au Sud-Kivu, dans l’est de la République démocratique du Congo. L’enquête porte sur « plus de 120 entretiens menés en mars et en avril 2026. »
Entre décembre et janvier 2026, les viols ont été commis dans les champs ou à leurs domiciles ont témoigné les survivantes. Ces dernières ont été menacées de mort ou avec une arme en leur direction. Huit cas de viols ont été documentés ainsi que l’exécution sommaire de 50 personnes et la disparition forcée de 12 autres .
Les auteurs des crimes ont été identifiés comme étant des rebelles du M23 et des soldats rwandais selon les témoignages des survivantes qui les ont reconnu car ils parlaient kinyarwanda et aussi par leurs « uniformes et équipements militaires. » Le 13 décembre, une survivante a aussi témoigné avoir été violée par les rebelles du M23. Ces derniers ont tiré sur la porte pour l’ouvrir et l’ont séparé de son mari afin de la vi*ler.
« Ils m’ont complètement déshabillée, m’ont attaché les bras derrière le dos avec mes vêtements et m’ont vi*olée. Ils ont continué pendant longtemps. » Son mari a tenté d’intervenir mais ce dernier a été abattu hors de la maison. Suite à cette agression, cette survivante a perdu connaissance et souffre actuellement d’une infection.
Le 15 décembre, dans le territoire d’Uvira, dans son champ à Kalala, une femme raconte avoir été violée par deux militaires rwandais. Ils ont pointé leur fusil vers elle et ont déclaré en kinyrwanda : « si tu ne fais pas ce que je te dis, je te tue. » Après cette agression, elle s’est rendue au centre médical de Kavimvira mais elle n’a pas pu être traitée.
Le 16 décembre, une femme a aussi vécu le même scénario d’horreur. En allant chercher de la nourriture, elle a été vi*lée. « L’homme rwandais a dit qu’ils devraient me tuer, mais le Congolais a dit : « Non, viole-la. » confie-t-elle. Cette survivante ressent encore des douleurs etdes saignements en permanence. Lorsqu’elle a témoigné auprès de HRW, elle a précisé ne pas avoir pu effectuer de tests médicaux notamment ceux liés au VIH.
Le 3 janvier 2026, une autre femme a aussi été vi*lée par un rebelle du M23 et un soldat rwandais. Malgré des saignements, elle n’a pas pu bénéficier de soin ni de kit PEP qui doit être administré 72 heures après le vi*l pour prévenir du VIH et la grossesse. L’interruption de l’aide américaine, fournisseur de PEP a donc empêché les de milliers de survivantes de pouvoir bénéficier de ces soins
Ce qui revient dans chaque témoignage : l’absence de soins de santé pour faire face à des cas de vi*ls ne période d’occupation des territoires par le M23 et le Rwanda. « D’autres services essentiels, dont le soutien psychosocial, 1e recueil de preuves et l’assistance juridique étaient aussi indisponibles. »a souligné HRW.
Les violences sexuelles sont en hausse. Le vi*l est utilisé comme arme de guerre. Entre janvier et septembre 2025, plus de 80 000 cas de viol dans l’est de la RDC ont été signalés par le Fonds des Nations Unies. Il s’agit d’une hausse de 32% par rapport à l’année 2024 durant la même période.
Concernant la justice, Philippe Bolopion, directeur exécutif de Human Rights Watch a déclaré : « les victimes ainsi que leurs familles à Uvira demandent la justice et la fin de l’impunité qui alimente ces crimes. Les pays qui soutiennent la RD Congo devraient se mobiliser pour appuyer ces efforts. »
Dans ce rapport, des recommandations sont adressées au Rwanda, au M23, aux forces armées rwandaises, au gouvernement congolais, à l’Union africaine, aux autres gouvernements, au Bureau du Procureur de la Cour pénale internationale …, rappelant ainsi l’importance des réparations et de jugements contres les agresseurs. L’organisation de droits humains a donc rappelé l’urgence de « fournir des réparations rapides et adéquates aux victimes, à leurs familles et aux survivants des abus commis par les forces armées congolaises et les groupes armés alliés, y compris les Wazalendo. »
Depuis janvier 2026, après environ 40 jours d’occupation par le M23/Rwanda, la ville d’Uvira est repassée sous contrôle de l’armée congolaise (FARDC) avec l’appui des patriotes Wazalendo.
Pour le gouvernement congolais, Uvira constitue une ville stratégique pour son dispositif sécuritaire dans le Sud-Kivu. C’est par elle, que le passage vers le Grand Katanga se crée, région clé sur la plan économique.
Sources : Actualité CD & Human Rights Watch