RDC : l’opposition appelle à une journée ville morte contre le changement de Constitution

SLK News
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En RDC, le 3 juin, une journée « ville morte » est prévue par l’opposition avec l’initiative Coalition C64 qui refuse le changement de constitution soutenu par le pouvoir en place et qui pourrait permettre au président Félix Tshisekedi de briguer un troisième mandat.

Toutefois, le gouvernement s’oppose à la tenue de cette mobilisation « ville morte ». Le ministre de la Fonction publique, Jean-Pierre Lihau, a rappelé que les agents de l’Etat doivent « se tenir à l’écart de toute forme d’activisme politique.» En RDC et en dehors, des discussions autour de la constitution suscitent de nombreuses réactions.
Le 29 mai dernier, nous avons suivi une partie du space organisé sur twitter par le journaliste Stanys Bujakera sur le thème de la constitution. Parmi les intervenants figuraient notamment le chercheur de l’Institut Ebuteli Fred Bauma et Trésor Kimbangula, analyste politique au sein du même institut, qui ont rappelé plusieurs enjeux liés à ce débat.
Tout d’abord, ils ont affirmé sur la nécessité « ne pas profiter de la guerre pour justifier une prolongation au pouvoir. Il est donc primordial d’encadrer et limiter le pouvoir dans le temps en renforçant les gardes-fou autour de la Constitution.» Les intervenants ont aussi rappelé cette incohérence: « Comment organiser un référendum sous occupation alors qu’il refuse d’organiser les élections car le pays est occupé ? »
Sur la question de l’opposition, Trésor Kimbangula a rappelé sa fragilité, notamment en raison de faible sa représentation avec seulement 23 députés sur 500. Selon lui, « le pouvoir profite du rapport de force favorable pour pousser à son avantage ». Pour aller plus loin, il est possible d’accéder ausite internet Tala Tala qui permet de suivre l’activité parlementaire des députés. Cet échange a donc été l’occasion de rappeler « que la constitution est une question qui doit concerner tous les congolais » a affirmé Fred Bauma.
En ce qui concerne la conscientisation, Fred a précisé que « la mobilisation populaire demande du temps pour éduquer et sensibiliser la population.»
Pour conclure, ce qu’il faudrait retenir, c’est la nécessité de placer l’intérêt de la nation au centre au-delà des divergences politiques. Une phrase de Fred a retenu mon attention : « Etre pour le Congo, c’est établir des règles qui peuvent survivre au-delà de Kabila ou Tshisekedi »Ainsi que cette question sur le futur commun de chaque congolais : « Quel Congo pour nos enfants ? L’essentiel est de « garantir un réel Etat de droit, une bonne gouvernance et de lutter contre l’impunité. » Un autre enjeu a été relevé : celui de créer des espaces de débat national sur l’accès à l’eau, l’électricité…
Selon vous : à qui profiterait ce changement de constitution ? Qu’en pensez-vous ?