Pourquoi il est urgent de parler de la RDC : 5 réflexions issues d'une conférence à Paris

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Samedi 6 juin à Paris, plusieurs structures (Voie Kongo, Alter-natifs Congo, Kongo Telema et BNK Institut) acteurs de la société civile étaient rassemblés pour une conférence intitulée : « Congo et les Grands Lacs : mettre fin au génocide ». Je vous partage 5 points qui ont retenu mon attention :
1) Une date symbolique :
La date de la conférence a eu lieu en pleine commémoration de la Guerre de Kisangani. La Guerre des Six Jours de Kisangani, s’est déroulée du 5 au 10 juin 2000 à Kisangani entre le Rwanda et l’Ouganda pour le contrôle des ressources minières de la RDC. Proposer une conférence à cette date, c’est se souvenir des victimes et revenir sur l’histoire pour qu’elle ne demeure pas dans l’oubli. Le collectif Alter-natifs Congo avec le militant Emmanuel Lofoli a donc expliqué les dossiers de corruption liés aux structures de réparations de Kisangani. 325 millions de dollars accordés par la CPI suite à la condamnation de l’Ouganda n’ont jamais été accordés aux survivants.
2) La transmission entre générations
Ce panel a réuni des anciens et notre génération. Cela a pu permettre d’avoir le regard des personnes qui ont été en RDC et qui ont mené cette lutte pour la liberté et pour la paix depuis de nombreuses années. Leurs analyses ont donc rappelé que le complot pour exploiter le Congo remonte à plusieurs siècles et qu’il est urgent de se reconstruire. Le travail des anciens reste un fil conducteur pour comprendre le passé, le présent et agir. L’aspect spirituel de cette réflexion a été abordé par le géographe Lembo Mabaya.
3) L’appel à la prise de conscience
« J’espère qu’il y ait une prise de conscience car la guerre et les viols continuent. C’est l’histoire de maintenant, d’aujourd’hui et si on ne bouge pas, ce sera l’histoire de demain » a rappelé l’ex reporter de l’Humanité Françoise-Germain-Robin, co-auteure du livre « La Grande Manipulation de Paul Kagame » avec le défunt journaliste Déo Namujimbo. Le rôle de la société civile est de continuer de dénoncer, encore et toujours tout en continuant de résister.
4) Les Congolais pour cible
« Ce n’est pas seulement une guerre de minerais, c’est une guerre pour exterminer les congolais et pour détruire la matrice de la femme » a rappelé Paris Diambanza en revenant sur le viol qui est utilisé comme arme de guerre dans l’est de la RDC. Diana, fondatrice de think thank BNK Institut, a insisté sur la réelle raison de cette guerre à savoir l’identité des congolais au coeur de ce génocide avant l’extractivisme. « La première richesse des congolais, ce sont les congolais eux-mêmes » a précisé Diana. Divine Muntu, historienne et co-présidente de l’association Kongo Telema est revenue sur la défaillance et le pillage de l’Etat congolais : “La machination des classes politiques cultive et entretient le génocide” par des détournements de fonds colossaux (cas de Corneille Nanga avec les mines et l’arrangement électoral pour déterminer Félix Tshisekedi président en 2018).
5) Le pouvoir du narratif
Tout se joue aussi sur le sens du récit et sur la place des différents acteurs au coeur de cette guerre. Il est donc essentiel de « nommer ce génocide sur les populations bantu » comme l’a mentionné Diana. Préserver les archives et continuer à briser le silence sur ce qui est considéré à ce jour comme le conflit le plus meurtrier depuis la Seconde Guerre mondiale. Face à l’histoire, préservons les récits, relayons-les et amplifions la voix des survivants de cette guerre. Sans oublier les cas du Soudan, de la Palestine, d’Haïti et d’autres zones en proie à l’insécurité.
Notre responsabilité collective :
Chacun à son échelle peut porter la voix des populations congolaises en plein coeur de ce génocide. Participez aux conférences et soutenir les collectifs organisateurs. Relayez les pages qui en parlent et contribuer financièrement :
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