RDC : Attaque meurtrière au parc national de l’Upemba : cinq morts et des équipements pillés

SLK News
Média

Le parc national de l’Upemba à Lusinga au nord du Katanga a été attaqué. Créé en 1939, le parc national l’Upemba s’étend sur une superficie d’environ 1 773 000 hectares.
Cette attaque meurtrière a été attribuée aux miliciens Maï-Maï. Des équipements ont été pillés et 5 personnes ont perdu la vie.
Dans un communiqué, Milan Ngangay, le directeur de l’Institut congolais pour la conservation de la nature a réagi : « L'ICCN condamne avec la plus vive fermeté cette violation flagrante de l'ordre juridique national et des conventions internationales. Cet acte constitue une transgression directe du principe de neutralité et de non belligérance régissant les aires protégées considérées patrimoine commun de l'humanité", précise, directeur général de l'Institut congolais pour la conservation de la nature. »
La structure lance un appel à la protection des sites naturels et de ses agents souvent pris pour cibles par des groupes armés à la recherche de ressources minières ou d’armes. Même si le parc a pu ensuite être sécurité par les FARDC, il n’en demeure pas moins la cible d’attaque récurrente. C’est le cas aussi du parc Virunga. Etant des espaces neutres appartenant au patrimoine commun, leur protection devrait être renforcée.
Au-delà d’abriter de nombreuses espèces notamment « le zèbre, l’antilope rouanne, l’élan du Cap, le bubale, le grand koudou, l’éléphant, le buffle, etc » (source actualité CD), le parc est aussi un lieu de vie pour les communautés locales.
Il est donc primordial d’en conserver la mémoire et de transmettre ses connaissances aux futures générations.

Pour Tina Lain, cheffe de site du parc national du l’Upemba, interrogée en mai 2025 par le site 7 sur 7 CD, cette dernière revient sur la mission de préserver du parc au sein des familles en précisant que parfois être éco-garde se transmet de génération en génération. Les parents l’ont été et les enfants prennent le relais pour que la mémoire de ce parc ne puissent pas être oubliée.
Elle évoque aussi l’accompagnement des retraités car de nombreux éco-gardes exténués par le travail depuis des années désiraient enfin mettre fin à leur carrière. Un système de retraite a donc été organisé avec l’aide de l’Union européenne et une retraite a pu leur être accordée.
On retrouve aussi tout un système pour venir en aide aux familles des éco-gardes décédés. Pour les veuves, la structure essaie de leur apporter un travail afin qu’elles subviennent aux besoins de leurs familles. Face à cette insécurité, c’est tout un écosystème établi pour venir en aide à la communauté. Des projets agricoles sont aussi développés pour apporter une sécurité alimentaire aux communautés.
L’aspect économique reste central. Pour Tina Lain : « C'est mettre des moyens pour arriver à conserver un paysage qui produit des bénéfices à toute la communauté et aussi à toute la région. (…) Un de nos défis, c'est d'arriver à soutenir la survie de ce parc dans le long terme. Et pas seulement pour deux ou trois ans, mais vraiment arriver à ce que les communautés, la nation, reconnaissent aussi la valeur de ce type de paysage. Et reconnaissent non seulement la valeur économique, mais aussi la valeur culturelle, la valeur naturelle que ce paysage peut rapporter à la RDC. »
Cette attaque au parc de l’Upemba a suscité en nous une envie d’en savoir plus et encore une fois d’alerter les autorités sur la nécessité de sécuriser davantage ses espaces et de développer un programme pour que les éco-gardes, les communautés locales bénéficient d’un meilleur accompagnement et de financements adéquats pour conserver un tel environnement et vivre décemment. La nature n’est pas en second plan, c’est un espace de vie pour de nombreux congolais et en prendre soin c’est aussi participer à rendre digne la RDC.