PowHer : l’engagement de Grâce Geyoro pour l’émancipation des jeunes filles

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« J’avais des convictions mais en faisant ce voyage, j’ai eu des certitudes sur ce que je voulais vraiment mettre en place » a confié Grâce Geyoro, footballeuse internationale évoluant à London City Lionesses, l’ex-capitaine du PSG et vice-capitaine de l’équipe de France. À l’occasion de la journée internationale des droits des femmes, elle a présenté son documentaire PowHer tourné à Kinshasa et à Lubumbashi consacré à l’émancipation des jeunes filles. Cette date a aussi été marquée par le lancement de son association PowHer Be Gr8t. Une initiative accompagnée par les structures sportives Peace and Sport et Je Joue Pour le Congo (JJPC).

La projection s’est déroulée au Grand Rex à Paris, en compagnie d’une centaine de personnes dont les proches de la joueuse, des journalistes sportifs notamment Vanessa Le Moigne et David Astorga, d’entrepreneurs et d’autres personnalités du monde du sport Surya Bonaly, patineuse artistique qui a marqué son temps, Diana Gandéga, ancienne championne internationale de basket, l’un des représentants de la Fondation Didier Drogba, de l’Ambassade de Monaco, l’Ambassadeur des Sports au sein du Ministère des Affaires étrangères et les Champions de la Paix, Pascal Gentil et Cheick Cissé.
Retour aux sources avec un engagement d’émancipation pour les jeunes filles
Ce documentaire en immersion en République démocratique du Congo retrace les rencontres de Grâce avec différentes structures sportives présentes sur le terrain dans l’accompagnement des jeunes générations.
Filmé en saisissant chaque détail, l’émotion est palpable et des spectatrices ont confié avoir versé quelques larmes. Les temps de jeu avec les enfants, la présentation de sa bande-dessinée "Croire en ses rêves" sortie en mai 2025, les témoignages, les regards d'admiration, les échanges avec les jeunes filles leur rappelant de croire en leurs rêves et de ne pas se comparer.
Une présence et des encouragements pour inscrire leur trajectoire de vie tracée dans un avenir d’espoir et d’opportunités. Considérée comme un « modèle d’espoir » pour reprendre les mots de Noella Coursaris, fondatrice de Malaika RDC, Grâce révèle avoir été tout aussi inspirée par ces filles : « c’était un voyage incroyable, l’énergie ressentie, les petits matchs, les sourires, la joie, une fierté de procurer beaucoup de joie à tous ses enfants, les petites filles m’ont souvent dit « on est fan de toi, tu nous inspires », moi à mon tour, je suis aussi très inspirée par ces petites filles car comme je l’ai dit, elles ont des environnements difficiles, elles passent par des situations compliquées mais elles se battent. »
« POWHER — Au-delà du terrain » dévoile Grâce Geyoro, courageuse, spontanée, profondément attachée à ses origines et animée par un désir de transmettre : « Je suis née à Kolwezi, aujourd’hui je suis celle que je suis grâce à toutes les personnes qui m’ont entouré et aujourd’hui le but c’est tout simplement de redonner ce que j’ai reçu. J’ai cette responsabilité de continuer de donner ce que je continue de recevoir » a-t-elle affirmé lors de sa prise de parole après la projection.
Pour elle, le documentaire et son association constituent donc la continuité de son engagement. Mener des projets en complémentarité avec des structures telles que Solidarité Batoto RDC fondée par Laura Massela, qui lutte contre la pauvreté et l’exclusion sociale à Kinshasa ou Malaïka RDC fondée par Noella Coursaris proposant un modèle d’éducation dédié aux petites filles et aux jeunes filles à Lubumbashi depuis presque vingt ans.
Ce premier voyage au coeur des réalités des jeunes a donc répondu à une première mission, celle de créer du lien, d’écouter, de comprendre, de pouvoir faire un état des lieux afin de préparer des projets avec des acteurs locaux sur l'éducation et le sport comme espace d'expression.
La transmission et l’accompagnement comme boussole
Si ce séjour a pu lui procurer autant d’amour, de joie et de bienveillance, un point d’honneur est mis sur la nécessité d’être accompagné pour structurer des projets aussi ambitieux autant en France qu’à l’international. Les organisations Peace and Sport et Je Joue Pour le Congo (JJPC) mettent donc en place tout un cadre pour que cet accompagnement puisse être à la hauteur des attentes sur le terrain tout en ayant une feuille de route rigoureuse et appuyée sur des années d’expérience.
Pour Jean-Jérôme Perrin, une visite dans le pays où le programme se déroule est indispensable, action que de nombreux athlètes ne font pas, a-t-il souligné. Ce mentorat prendra forme en fonction des déplacements et des opérations prévues. Et pour lui, cette réussite ne peut se traduire que par un appui exigeant de toute une équipe spécialisée dans chaque niveau du processus : « Pourquoi les athlètes ne s’engagent pas socialement comme ils s’engagent dans le foot avec toute une équipe dédiée à chaque étape ? Dans l’engagement sociétal, il ne faut pas y aller seul sinon on se plante. »
Par ces initiatives, le sport est un puissant levier de cohésion sociale et un outil de paix. Le collectif JJPC est spécialisé dans l'encadrement d’athlètes de l’équipe nationale ou non qui souhaitent oeuvrer dans des zones de conflit en République démocratique du Congo.
Cette mission lancée par Manu Madhot avec le soutien d’Anthony Tshimpi a été le fruit d’un constat simple auprès des sportifs : l’envie d’agir sans savoir comment s’y prendre. « Après la Coupe d’Afrique des Nations (février 2024), on a vu beaucoup de joueurs qui ne sont pas forcément dans l’équipe nationale, mais qui ont envie de faire des choses dans leur pays d’origine, donc c’était important de créer une initiative où les joueurs pouvaient avoir un accompagnement propre à leur statut de joueur professionnel » atteste Manu.
Sur le long terme, cette vision prend effet par celle d’incarner un rôle modèle pour les futures générations en s’intégrant dans une démarche collective. « On mène les projets en équipe, on est allés sur le terrain pour comprendre les besoins, réunir la jeune génération, les jeunes filles mais aussi les jeunes garçons, pour transmettre des choses positives et leur faire comprendre qu’eux aussi à leur tour, ils peuvent réussir peu importe leurs parcours, peu importe leurs chemins, que c’est possible pour tout le monde, qu’il ne faut jamais abandonner et tout simplement croire en ses rêves » déclare Grâce. Au contact des éducateurs, des enfants passionnés de sport et des différents services, l’urgence d’agir a été une évidence. Désormais, porter son maillot représentera aussi les souvenirs de l’accueil reçu par ce public, qui attend à leur tour de transformer leurs rêves en réalité.
L’impact des représentations pour les futures générations découle d’une volonté d’être plus sensible aux réalités vécues par une jeunesse bouillonnante d’énergie et ayant soif de lendemains meilleurs. Rappelons que la RDC est en guerre depuis trente ans et soutenir ces organismes qui se tiennent auprès des populations, c'est contribuer d'une certaine façon à une paix construite collectivement.
Le documentaire sera disponible en ligne dès cette semaine.