Mort de Mauricio K. en garde à vue à Saint-Ouen : la famille réclame justice

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Placé en garde à vue au commissariat de Saint-Ouen, mardi 27 octobre, Mauricio K. 44 ans y est décédé. Son père Maurice K. a porté plainte pour « violences volontaires ayant entrainé la mort.» Me Yassine Bouzrou, l’avocat de la famille affirme que « la victime n’était pas atteinte d’une maladie grave pouvant expliquer ce décès soudain et qu’il est ainsi permis de penser que des faits de violences pourraient être la cause de sa mort. »
Au domicile de la famille, où l’on se recueille, l’incompréhension et le choc se lisent sur les visages. Dans certaines conversations, chacun cherche à comprendre : « Que s’est-il réellement passé ? » Certains reviennent sur l’article du Parisien intitulé : « Saint-Ouen : un homme meurt en garde à vue, son père porte plainte pour violences volontaires, l’IGPN enquête. »
Pour le père, Maurice K. d’origine angolaise, la famille n’a pas été directement informée par le commissariat de Saint-Ouen, mais par l’IGPN. Ce dernier s’interroge donc sur le déroulement de la procédure : le déclenchement de l’autopsie sans qu’il soit informé, le transfert de son fils à l’hôpital Bichat et enfin son retour en cellule. Plusieurs zones d’ombres demeurent et Maurice K. se confie en nous répétant : «mais que s’est-il réellement passé au commissariat de Saint-Ouen. » Sur les réseaux sociaux, l’un de ses fils connu sous le nom de Tony Diaz off, a relayé sur instagram un appel à témoin à Saint-Ouen afin de retracer les circonstances de l’arrestation et la mort de son grand frère.

La perte d’un fils et de multiples zones d’ombres pour la famille
Le parquet affirme que l’autopsie ne révèle aucune trace de violences. Selon la version des policiers, l’homme aurait été victime d’un arrêt cardiorespiratoire. D’après Le Parisien, Mauricio K. aurait été interpellé lundi « très alcoolisé » pour outrages sexistes, outrages et menaces sur personnes dépositaires de l’autorité publique. Puis mardi, 15 heures, son décès a été annoncé. L’IGPN compte ouvrir une enquête. Mais dans un contexte marqué par les violences policières commises sur des personnes racisées avec cette date proche des décès le 27 octobre 2005, à Clichy-sous-Bois, de Zyed et Bouna poursuivis par la police, ce nouveau drame suscite de nombreuses réactions et une défiance vis-a-vis de la version d’une mort par arrêt respiratoire.
Une plainte a donc été déposée auprès du procureur de Bobigny par le père Maurice K. Selon Me Yassine Bouzrou, « des violences graves ont été commises lors de l’interpellation et potentiellement au sein du commissariat de police où il est décédé. »
Mauricio K. ne souffrant d’aucun problème de santé. La famille ne comprend pas que cet argument soit avancé dans le dossier et regrette qu’elle de ne recevoir aucune information du parquet. « On ne meurt pas comme tout seul en garde à vue alors qu’on a aucun problème de santé » rajoute Me Bouzrou.
Trois hommes noirs tués en France en moins d’une semaine
La mort de Mauricio K. intervient après deux autres meurtres et attaques négrophobes, racistes et islamophobes en France. Le 23 octobre, Pengo Bossio Wangi, âgé de 26 ans, d’origine congolaise, a été tué à Trappes par Kevin T. Lors de cette attaque islamophobe, négrophobe, terroriste et raciste à Trappes et la Verrière, le tueur a également tiré à huit reprises sur Ramatou, petite fille âgée de 12 ans. Kevin T., le principal suspect a confirmé qu’il a choisi de s’attaquer délibérément aux personnes musulmanes, africaines ou nord africaines en précisant que pour lui la ville de Trappes est « un repaire islamistes ». (Source déclaration d’Olivier Christen, procureur national antiterroriste).

A Saint-Gaudens, en Haute-Garonne, José Capela, 60 ans, d’origine congolaise, patron d’un bar-restaurant, a été tué le lundi 26 octobre, lors d’un lynchage commis par plusieurs individus. Sa famille dénonce un meurtre raciste. Dans une vidéo diffusée sur les réseaux sociaux, son fils réclame justice pour son père et dénonce le fait qu’aucun enquêteur ne se soit rendu sur les lieux du crime, ainsi que le silence du président Emmanuel Macron et de la mairie de Saint-Gaudens. Une enquête a été ouverte pour « violences volontaires ayant entrainé la mort sans intention de la donner » et une autopsie est prévue.

Face à la montée des violences racistes et négrophobes, un communiqué collectif, signé par plus de 90 personnalités et acteurs des médias et de la culture a été publié sur différentes pages sur Instagram notamment Trust Mag, Yard, Echo banlieues, 33 carats magazine et le frappeagency.
Il dénonce la banalisation du racisme et des idées d’extrême-droite dans le paysage médiatique qui nourrit un climat de haine pouvant aller jusqu’au meurtre des personnes en raison de leur couleur ou de leur religion. Un appel à briser le silence et l’indifférence a également été lancé pour mettre fin à « l’engagement passif. »
Nous adressons tout notre soutien aux familles des victimes.